11/09/2011 10:49

Cavalier seul, Groupama dans la Volvo Ocean Race

Category: France

L'option prise dès lundi matin par Franck Cammas et ses hommes est en partie risquée puisque Groupama 4 navigue désormais tout seul le long des côtes marocaines dans un faible vent portant, quand ses trois autres concurrents en course filent au près vers l'Ouest. Mais la situation devrait s'éclaircir dès mercredi midi...

Fort de son expérience des transats, Franck Cammas épaulé par son navigateur Jean-Luc Nélias n'a pas hésité à se démarquer des habitués de la Volvo Ocean Race : dès le détroit de Gibraltar franchi, Groupama 4 s'est en effet glissé vers le Sud-Ouest pour tenter une voie le long des côtes marocaines pour deux raisons. D'abord parce que les effets thermiques dus à la présence du désert saharien, créent souvent une légère brise aux abords des rivages. Ensuite parce que des alizés, certes faibles mais présents, se positionnent au large d'Essaouira, soit à 120 milles environ de la position de Groupama 4, donc bien avant les premières îles de l'archipel canarien.

« On sait qu'en début d'option, c'est toujours difficile. Après, c'est une pression supplémentaire parce que nous n'avons pas de bateau à côté de nous, et c'est une référence vitesse en moins... Un peu comme un mode « record », mais Groupama a l'habitude ! C'est un peu étonnant de se retrouver comme cela, loin de la flotte. Quant à l'équipage, il est plus heureux quand il y a un peu de vent et moins content quand il n'y en a pas comme maintenant... » expliquait Franck Cammas à la vacation de 13h00 (heure française).
Le couloir canarien


Certes, la situation n'est pas favorable pour l'instant dans la mesure où Franck Cammas et son équipage peinent dans une brise très faible, à moins de trois noeuds de vitesse en début d'après-midi ce mardi. Pendant ce temps, les trois concurrents de Groupama 4, emmenés par Telefonica, filent à plus de douze noeuds, mais plein Ouest avec les Américains de Puma à vue et les néo-Zélandais de Camper à plus de vingt milles derrière dans un flux de secteur Sud lié à une dépression au large de Madère. Le problème pour ces trois VOR-70, c'est qu'il va bien falloir un jour piquer au Sud vers l'archipel du Cap-Vert !

Or au Nord des Canaries, c'est un vaste magma sans vent... Il leur faudrait alors passer par le Nord de Madère, ce qui rallonge sensiblement la route sans pour autant ouvrir un chemin dans l'inéducable transition entre cette perturbation atlantique et l'anticyclone qui génère les alizés sous les Canaries... C'est donc une course contre la montre qui se joue entre ces deux options : lentement le long des côtes marocaines pendant toute la nuit prochaine pour Groupama 4, relativement rapidement pour les trois autres voiliers mais à 60° de la route directe !

« Depuis lundi, on ne tire pas trop sur le bateau dans ce petit temps : on essaye de toucher du vent ! Ce sont de bonnes conditions pour se reposer et faire des quarts de sommeil : à part déplacer les poids et bien régler les voiles, il n'y a pas grand chose à faire... Il y a bonne ambiance malgré le calme qui règne depuis trois heures. On a mis les habits d'alizés ! » précisait le skipper de Groupama 4.
Un test comparatif


Même si les quatre bateaux n'ont pas suivi tout le temps la même trajectoire pour s'extraire de la Méditerranée, les premiers bords depuis le départ d'Alicante samedi à 14h ont permis à l'équipage français d'analyser les potentiels des trois autres prototypes.

« Nous avons pu constater que Groupama 4 allait vite quand nous avons navigué au débridé dans la brise, avec plus de 20 noeuds de vent, entre le départ et le cap Palos : on a pu dépasser nos concurrents un par un à 23 noeuds de vitesse. Puis au près dans 18-20 noeuds, le bateau ne se comportait pas mal d'après ce que nous en avons vu. Nous avons retrouvé Puma au près avant le détroit de Gibraltar et les Américains avaient un poil plus de cap mais un peu moins de vitesse. Et ensuite, nous avons divergé dans nos routes, lui vers l'Ouest, nous vers la côte marocaine. Il ne semble donc pas y avoir de différence de vitesse, si ce n'est au vent de travers avec plus de vingt noeuds où Groupama 4 apparaît plutôt à l'aise ! »

Les conditions dures subies en Méditerranée ont également permis de valider les options architecturales et la construction de Groupama 4. « Nous n'avons pas connu d'avaries à bord, juste quelques bricolages à faire. Rien de grave. C'est encourageant pour la suite parce qu'en mer d'Alboran, c'étaient des conditions très dures et casse bateau ! C'était un bon test structurel » concluait Franck Cammas à midi.

Une chance que n'ont pas eu Abu Dhabi qui devrait reprendre la mer en course mercredi ou jeudi équipé d'un nouveau mât, ni même Sanya qui rejoindra Cape Town à bord d'un cargo afin d'être en mesure de disputer la régate In-Port en Afrique du Sud.


Un projet de communication pour accompagner l'internationalisation du groupe.
Depuis plus de 14 ans, Groupama a choisi le sponsoring voile comme levier d'action pour accompagner sa politique de services auprès de ses clients. Parmi les leaders de l'assurance en France et 15ème assureur en Europe, le Groupe réalise 17,6 Mds d'euros de chiffres d'affaires (2010). Implanté dans 14 pays, le Groupe compte 38 500 salariés, dont 11 000 à l'international où il réalise 30% de son chiffre d'affaire. L'engagement dans un projet sportif plus international doit accompagner la construction d'un groupe européen d'assurance et de banque bâtisseur, humaniste et durable.
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