11/11/2011 10:03

Rupture

Category: France

Si Groupama 4 a pris la tête de la première étape de la Volvo Ocean Race à l'issue d'une option le long des côtes marocaines, la situation est plus complexe pour le week-end à venir, avec la rupture des alizés vers l'archipel du Cap-Vert. Après le retour d'Abu Dhabi en course, la flotte est maintenant scindée en trois groupes, dans trois systèmes météorologiques différents...

Les 72 heures à suivre vont être extrêmement importantes pour déterminer qui, du groupe de l'Ouest constitué des Espagnols de Telefonica, des Américains de Puma et des Néo-Zélandais de Camper, ou du « solitaire » Groupama 4 glissant sous les Canaries, va se sortir le mieux de la configuration complexe qui règne sur l'Atlantique Nord. Pendant ce temps, Abu Dhabi Ocean Racing Team, reparti d'Alicante la nuit dernière après avoir installé son mât de rechange, naviguait à plus de 850 milles du leader français, au large d'Almeria, peinant encore dans les petits airs méditerranéens... Trois groupes donc qui n'ont désormais plus du tout les mêmes conditions météorologiques et qui doivent pourtant tous converger vers l'équateur encore distant de plus de 1 700 milles !
Alizés asthmatiques


Ce jeudi midi, les partisans de l'Ouest progressaient dans un vent de secteur Ouest d'une quinzaine de noeuds sous une vaste dépression qui va atteindre l'Irlande vendredi, espérant attraper un flux de Nord dès vendredi soir pour descendre rapidement plein Sud : ils devraient normalement rattraper du terrain ce week-end car la situation météorologique sur l'Atlantique se modifie par l'Ouest. De leur côté, Franck Cammas et ses hommes continuaient leur descente le long des côtes africaines dans un régime d'alizés, peu marqué, d'une douzaine de noeuds. Déjà sous l'archipel des Canaries, Groupama 4 veut d'abord s'en écarter au plus vite avant de choisir sa trajectoire pour le week-end.

« Nous sommes toujours au portant dans des alizés un peu faibles de 12-13 noeuds, en naviguant très près des côtes marocaines, à une dizaine de milles. Nous allons devoir empanner en début d'après-midi pour rester dans une petite bande de brise de secteur Nord entre Lanzarote et le Maroc. Cette bande va s'élargir dans la soirée en se renforçant : les conditions sont sympas et Groupama 4 a l'air de se comporter très bien dans cette configuration. Nous avons vu l'archipel canarien au lever du jour avec une très bonne visibilité » précisait Franck Cammas à la vacation radio de midi.
Un doute pour le week-end


Les alizés devraient en effet s'étioler progressivement ces prochaines 72h sur une très vaste zone allant des Canaries au Brésil ! Avec des vents de secteur Nord-Est à Nord inférieurs à dix noeuds, Franck Cammas n'a que deux choix : continuer à prendre du Sud en longeant la Mauritanie, puis le Sénégal, en laissant à tribord l'archipel du Cap-Vert, ou tenter de gagner dans l'Ouest pour se recaler sur la route de ses concurrents afin d'accrocher lui-aussi le flux plus soutenu qui arrive...

« Par rapport à notre option prise après Gibraltar, nous avons eu l'impression que Camper a hésité à nous suivre. Mais il est tombé dans un trou de vent qui l'a obligé à repartir au large, et il est désormais en décalage sur Telefonica et Puma. Cela ne le favorise pas, mais on ne constate pas de différence de vitesse avec le reste de la flotte. Notre route est classique en termes de trajectoire, parce qu'aller chercher les alizés est normalement peu risqué, sauf s'ils disparaissent ou mollissent, ce qui semble être le cas actuellement. Pour l'instant, nous avons bien réalisé ce que nous voulions faire puisque nous sommes en avance sur notre routage, mais nous avons un doute pour demain vendredi : l'arrivée d'un front risque de créer une rupture des alizés. Il va falloir essayer de prendre de l'Ouest en trouvant un trou de souris ! »
Petits bricolages


Le choix est cornélien et ne se résume pas seulement à un problème de tactique à moyen terme : les navigateurs doivent en effet se projeter à au moins cinq jours pour anticiper l'évolution après le Cap-Vert ! Comment se présentera alors le Pot au Noir ? Sera-t-il actif ou peu marqué ? Va-t-il s'étendre ou se rétracter ? Faudra-t-il l'aborder entre le 20° et le 25° Ouest ou a contrario, beaucoup plus près du Brésil, vers le 30° Ouest ? C'est toute la problématique de ce choix qui devrait être pris dès la nuit prochaine par Groupama 4. En attendant, l'équipage accumule du repos dans ces conditions paisibles et répare quelques petites bricoles de la Méditerranée...

« Nous n'avons pas eu d'avaries en Méditerranée, juste des décollements de fixation à l'intérieur du bateau que nous avons recollé aujourd'hui, ainsi qu'un problème mécanique de hook pour bloquer la grand-voile au deuxième ris que nous avons, en partie, résolu. Avec notre avance virtuelle de ce jeudi midi, l'équipage a le sourire même s'il est tout seul, mais nous devrions retrouver la flotte au Cap-Vert... On sait que cet écart n'est pas un acquis ! »


Un projet de communication pour accompagner l'internationalisation du groupe.
Depuis plus de 14 ans, Groupama a choisi le sponsoring voile comme levier d'action pour accompagner sa politique de services auprès de ses clients. Parmi les leaders de l'assurance en France et 15ème assureur en Europe, le Groupe réalise 17,6 Mds d'euros de chiffres d'affaires (2010). Implanté dans 14 pays, le Groupe compte 38 500 salariés, dont 11 000 à l'international où il réalise 30% de son chiffre d'affaire. L'engagement dans un projet sportif plus international doit accompagner la construction d'un groupe européen d'assurance et de banque bâtisseur, humaniste et durable.